Bruno Durieux

Un parc de sculptures

à Grignan

Bruno Durieux a vécu enfant dans le pays des haut-fourneaux, est-ce pour cela qu’il a toujours été attiré par le métal et ses métamorphoses ? Est-ce parce que le fer est le cœur vibrant de la terre qu'il porte en lui le mystère des origines du monde ? Bruno Durieux sculpte interrogeant de ses mains la matière exigeante : le fer ne se donne pas, il se conquiert. A l’image du bouleversement des sciences et de la pensée au XXe siècle le fer provoque dans l’histoire de la sculpture une rupture essentielle. 

Le fer, au service de l’artiste, n’est pas seulement un élément plastique, objet détourné de sa fonction initiale, il a une mémoire qui participe à l’œuvre et qui influe sur la forme, il est comme l’ont révélé David Smith puis Anthony Caro l’art de magnifier ce que l’obsolescence et la perte d’usage vouent à la destruction, c’est une manière d’installer un monde qui part dans le perpétuel présent de l’art. C’est une mission chargée d’un sens profond qui fait écho à l’engagement politique et social de Bruno Durieux.

 

La nécessité individuelle de faire une œuvre ne peut suffire. Elle doit contenir des points de force pour s’imposer comme forme et pensée originale, trouver sa propre place dans la longue file des prétendants. L’entêtement de Bruno Durieux à sculpter depuis bientôt 50 ans et à maintenir une même direction à ce travail tout comme sa modestie face aux jeux de l’art met son œuvre en position de répondre aux questions fondamentales de la sculpture aujourd'hui.

 

Un immense jardin à Grignan dans la Drôme abrite plus d’une centaine de pièces monumentales. Il aime intervenir sur des sites industriels et utiliser le matériel, les techniques de la haute industrie comme il l’a fait à Florange, Nancy, à Lorient, Pierrelatte ou encore à Casablanca au Maroc… La dernière de ses interventions eut lieu en Chine, à Shunde (Guangzhou) où il a réalisé une pièce pour le P’Art Sino-Français d’une dizaine de tonnes et de plus de six mètres de haut.

 

Bruno Durieux aime le fer qui a servi, celui que l’homme a usé ou qui évoque le travail de l’artisan. Le fer qui porte en lui l’histoire des hommes. Parfois, il utilise de vieux outils paysans ou des pièces mécaniques aux fonctions oubliées. Il n’y a pas là de nostalgie, comme dans les collages de Kurt Schwitters, les rebuts de la société deviennent des messages poétiques.

 

Les sculptures de Bruno Durieux sont des réifications de la mémoire, petites ou grandes, elles sont étymologiquement des ”monuments” mais aussi des fables visuelles tant la couleur apporte un contrepoint dansant qui rend visuellement léger ce qui est lourd et apporte joies et plaisirs...

© 2018. Area Paris

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